L’histoire du château Dentice di Frasso coïncide avec l’histoire de la cité de San Vito dei .Normanni. La construction de la Tour, noyau principal du château, est attribuée à Bohémond le Normand (mort en 1111 et enterré à Bitonto), qui, à l’époque, était en guerre contre son frère Roger pour la domination des Pouilles et de la Calabre. La tour, pourvue de créneaux, d’archères et de machicoulis, présente trois étages: le rez-de-chaussée où s’ouvre la Chapelle de la famille Dentice di Frasso (première église paroissiale de San Vito), le premier étage qui abrite une grande salle où jadis les seigneurs gardaient leurs victuailles et le dernier étage qui a parfois servi de prison. Au-dessus du portail de la chapelle on peut admirer les armoiries sculptées (un pagre) et la devise de la famille Dentice (« Noli me tangere»). Tout autour du donjon se développa en même temps le vieux bourg de San Vito, appelé d’abord San Vito degli Schiavoni, en raison de l’établissement de populations slaves en ces lieux. En outre, la présence d’une forêt giboyeuse rend vraisemblable l’hypothèse que cette tour ait été autrefois résidence de chasse. Jusqu’au début du XVème siècle, ses premiers feudataires furent les Sambiasi, auxquels succédèrent les Del Balzo-Orsini. Puis, à la suite de ventes successives, la Tour fut transmise à Frédéric Ier d’Aragon, prince d’Altamura et de San Vito, à qui, au XVIème siècle, suivirent les Palagano et au XVIIème siècle le prince d’Avetrana, Giovanni Antonio Albrizio. A’ la moitié du siècle, la possession du fief passa au baron Ottavio Serra, à qui succéda Giuseppe Belprato Marchese et, finalement, à la suite du mariage avec Maria Francesca Carracciolo, le château passa au propriétaire actuel, prince Dentice di Frasso. La demeure, jadis entourée d’un fossé, a été remaniée à plusieurs reprises jusqu’à la fin du siècle dernier, quand les travaux furent confiés à l’architecte Gaetano Marchietzek de Lecce par l’ancien propriétaire du château, prince Luigi Dentice di Frasso. Le portail principal du château, qui présente un arc en ogive, date de la dernière phase des travaux de rénovation (1900).